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dimanche, 08 février 2004
Une boucle locale en fibre à Romans ?

Dans les cartons municipaux on trouve un "avant-projet" de boucle locale en fibre optique qui, selon les configurations, servirait essentiellement à desservir les différents sites municipaux (Mairie, annexes, police municipale, zone industrielle, médiathèque, Communauté de communes, hôpital...), quelques sociétés privées (Courbis et Appétit de France sont en l'occurence expressément cités) et bien sûr les établissements scolaires (les collèges et lycées sont en priorité un, les écoles viendront ensuite). Le but invoqué : diminuer les coûts de fonctionnement des liaisons inter-sites existantes (estimées à 20 000 euros par an dans le préambule). Suit différents schémas de liaisons et différents scénarios budgétés, qui par rapport au montant des travaux estimés semblent tous nécessiter de longues années d'exploitations avant que d'être rentabilisés.
Parmi les projets mis en avant pour faire avaler la pilule on évoque : un projet de cité numérique dans le quartier de la Monnaie (quelqu'un a-t-il des informations ? : j'ai un peu l'impression que ce projet tombe là comme un cheveux sur la soupe, non ?), les services nouveaux à la population (c'est-à-dire la création de "borne, d'espace numérique" au singulier...) et la création/préservation d'emplois par l'accès aux Ntic (ça doit être rapport aux 2 sociétés citées, non ?).
C'est un beau réseau fermé finalement (ne dit-on pas Groupement Fermé d'utilisateurs ? ;-) ) que nous expose le projet, réservé à "certains" usages professionnels : ceux de notre administration locale. Et les autres ? Les autres professionnels qui auraient pu se servir de ce réseau à plusieurs mégabits ? Les particuliers... ? Non non. L'internet à très haut débit ne passera pas par eux.
Bien sûr, il faut reconnaître qu'aucun opérateur ne souhaite venir opérer Romans, pensez donc ! 30 000 habitants, combien prêt à payer leurs 50 euros mensuels pour leurs petits megabits ? Vu la situation économique locale, pas beaucoup c'est certain (mais il est très difficile d'obtenir de France Télécom le nombre de lignes connectés à l'Adsl localement : à croire que des palmarés locaux n'intéressent personne...).
Qu'on m'entende bien, je ne m'en prends pas aux services techniques de la ville qui ont pondus ce projet. Tous les services techniques de toutes les villes pondent ce type de projets (tenez, rien que cette semaine, on parle de Fontenay-aux-Roses et de Vincennes), on ne peut pas leur jeter la pierre. Certains même y réussissent très bien (Le réseau Lumière de Besançon est fréquemment cité en exemple).
Néanmoins, ce type de projets me pose plusieurs questions : la politique TIC publique doit-elle servir à opérer son propre réseau pour ses seuls usages numériques au risque d'introduire dans chaque commune une "fracture publique" entre ceux qui en ont et les autres ?
Mais surtout à bien y réfléchir, quelle est le rapport prix/pérennité d'une boucle en fibre optique face à d'autres technologies ? Je ne prendrais que le cas du bon vieux fil téléphonique qui se propage plutôt bien sur le Nord de la Drôme (regardez la carte de la Drôme). On annonce pour "presque demain" de l'Adsl 2 (10 mb/s), de l'Adsl 2+ (16 mb/s) et le Japon teste actuellement des débits de 40 mb/s et prévoit même de pouvoir faire passer du 100 mb/s sur le fil de cuivre... (voir ces petites explications sur toutes les technologies xDsl).
Bref, de quoi se dire, pour Romans comme pour beaucoup d'agglomérations françaises, que la course aux mégabits n'est peut-être pas du tout la solution au désenclavement numérique, mais qu'une politique de travaux publics est plus facile à mener (et immédiatement plus visible) qu'une politique de formation et de pédagogie.
(A suivre).
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